Au nom du fils T1

Synopsis


Notre Avis

Étienne, 22 ans, est kidnappé en Colombie par la guérilla. Son père, ouvrier métallurgiste, part à sa recherche.

Il y a deux sortes d’histoires  : celle qui guide le lecteur et ne lui permet pas de s’éloigner du sujet et celle qui agit un peu comme une auberge espagnole ; le lecteur y trouve ce qu’il apporte lui même.

“Au nom du fils” appartient plutôt à la seconde catégorie. On prend cette histoire et on y trouve plein de choses auxquelles on se rattache. Certains y découvriront la découverte d’un fils par son père, d’autres le monde des routards qui fleure bon l’aventure, d’autres encore un père ouvrier combatif...

Car le père, Michel Garandeau, n’est pas un col bleu, ni un fonctionnaire. C’est un prolo, un métallo qui bosse aux constructions navales de St Nazaire. Il ne fait pas confiance aux fonctionnaires du ministère qui se perdent en explications vagues à propos de l’enlèvement de son fils.  Michel, ex syndicaliste, a une méfiance naturelle envers  tout ce qui représente l’autorité. Dans les ateliers, à la pause casse croûte, ça discute de politique, d’événements qui défraient l’actualité. Et ce n’est pas triste : le syndicaliste brésilien Lula qui gagne les élections est “encore un planqué de permanent qui a utilisé le syndicat pour se faire mousser” ; la suite de l’attentat sur les Twins Tower de New York et les ferrailles qui vont servir à construire un navire : “Pas cons les ricains, z’ont trouvé la solution pour relancer leurs chantiers”…

Le père a hérité de toute cette méfiance, pas forcément de façon militante mais plutôt viscérale. Alors Michel fonce tête baissée en Colombie, sans préparation, sans parler Espagnol. Il a le culot de l’ignorance et va remonter le “gringo trail”, le chemin des routards occidentaux. Au fur et à mesure, il se rend compte à quel point il connaît mal son fils. Il découvre qu’il n’est pas parti  pour le retrouver  mais  pour le découvrir.

Au dessin, nous avons Clément Belin, un artiste qui œuvre aussi comme officier dans la marine marchande. On peut être un peu étonné par son trait semi réaliste et ses couleurs assez inhabituelles. Mais, au  fil de la lecture, on se rend compte que son style sert admirablement le propos de Perrotin.

Cet album est un fascinant road movie de papier. On suit le héros dans son enquête, au hasard des rencontres. Tout y est crédible. On a hâte de lire la seconde partie de ce diptyque.

R.N


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Commentaires (3)

  • Invité (ralf)

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    D'accord avec toi, René:)

  • Il faut vraiment que je m'y mette à celui ci, il est dans mes achats futurs depuis trop longtemps maintenant :P

    Je vais devoir franchir le pas :D

  • Invité (Wyllow)

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    Impossible de me connecter sur le forum avec mon pseudo. Sigh... (Wyllow)

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