Il Pennello

Synopsis


Notre Avis

Après une gestation complexe (deux dessinateurs, de nombreuses réécritures, plusieurs éditeurs contactés) et  après avoir joué à l’arlésienne pendant huit années, Il Pennello est enfin dans les bacs des libraires.

Historiquement, Il Pennello restera le premier album de bande dessinée édité et financé par des  internautes via l’éditeur belge Sandawe. Le budget fut bouclé en cinq mois par 260 « édinautes » qui apportèrent 36000 € dans la corbeille.

Pour ce qui est de l’emballage, c’est un bel ouvrage de 90 pages avec une couverture qui attire l’œil. En ce qui concerne le contenu, certains critiques ont parlé d’une histoire de Science Fiction.  A tort à mon avis. Si l’histoire se passe bien en 2054, nous sommes plutôt en présence d’un conte fantastique, d’une fable qui met en scène un artiste raté confronté à la création sous toutes ses formes.

Serge Perrotin confirme cet état de fait dans la préface de l’album collector (réservé aux « édinautes ») : « J’avais lu une interview de Jean Van Hamme qui affirmait que les meilleures histoires doivent parler à l’inconscient collectif et que le meilleur moyen d’y arriver est d’écrire des scénarios qui s’inspirent des mythes et légendes. Devant ma feuille blanche je repensais à cette interview et j’évoquais les mythes, légendes et héros qui m’avaient marqués. Deux d’entre eux se sont immédiatement imposés à moi : celui de Faust qui vend son âme au diable en échange de l’accomplissement de ses désirs, et celui du Golem qui met en scène un humanoïde animé momentanément de vie.”

Anton, le héros d’Il Pennello (le pinceau, en italien), est un dessinateur de BD raté, sans grand talent, logé chez maman, vivotant de petits boulots. Depuis des années, il dessine à tour de bras sans avoir jamais publié un seul album. Jusqu’au jour où il rencontre un énigmatique antiquaire qui lui transmet un pinceau magique ayant appartenu à  Léonard de Vinci. Un pinceau qui a le pouvoir de transcender le talent de celui qui l’utilise.

Anton va effectivement devenir un dessinateur remarquable. Mais il se rend vite compte qu’Il Pennello possède un tout autre pouvoir : celui de donner la vie…

Allais, le dessinateur, est peintre de formation. Il Pennello est son premier album. Son dessin est réaliste, son trait précis, les décors bien étudiés, les personnages à leur place. Par petites touches, il fait évoluer Anton dans le Paris de 2054. On sait que les auteurs de SF ont souvent exagéré le futur proche, aussi Allais nous présente-t-il un Paris réaliste avec des immeubles et des voitures peu éloignés de ceux de 2011. Son Paris change, certes (l’ordinateur est partout) mais subsiste, ça et là, un environnement familier pour le lecteur d’aujourd’hui.

Pour conclure, je dirais que, parfois,  les galères éditoriales finissent bien. Il Pennello en est la preuve. Ça valait le coup de patienter.

 R.N

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