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SUJET : politique fiction

politique fiction il y a 6 ans 3 mois #9459

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Il y avait un type très fort en politique fiction, c'était John Bruner que j'avais eu la chance de rencontrer à HEICON à Heidelberg en 1970 ....
( http://en.wikipedia.org/wiki/28th_World_Sc...ion_Convention)
C'était la 28ème convention mondiale de SF , la première hors USA ! C'était pas triste car la guerre du Vietnam préoccupait tout le monde et il y avait eu un clash entre des pacifistes allemands et des ricains super patriotes fans de SF. Jean Pierre Turmel ( disques sordide sentimental) , Yves frémion et votre serviteur on avait passé une semaine à se défouler et boire de la bière en refaisant le monde.
Bref la politique fiction est un genre intéressant, il s'agit de faire une histoire à partir de ce qui se passe aujourd'hui et juste d'extrapoler qqs années plus tard, 20/30 ans ou 50 si vous voulez par exemple.
Mais il faut faire un truc sérieux, ne pas se laisser aller à des élucubrations complètement farfelues comme dans les uchronies par exemple où tout est permis.
Avec tout ce qui se passe en ce moment on pourrait se régaler en imaginant plein de possibilités futures...
La crise s'amplifie, Sarkozy est réélu et 5 ans après Marine Lepen passe, la plupart des pays européens passent à l'extrême droite !
Résultat en 2035 l'Europe déclare la guerre aux pays arabes unifiés alors que la fusée USA/Europe est en route pour Mars...
La Chine envahit le Japon et une partie de l'extrême Orient mais ce coup-ci le vent des Dieux ne sauvera pas les nippons. Accord entre la chine et l'Europe et les USA restent calmes...
On n'est pas dans le caca !

On peut s'amuser.

Bon j'ai été un peu loin ...
Je n'ai pas eu vent de politique fiction dans la BD, et vous?
Si vous en connaissez éclairez moi.
Merci.
bien mal acquis profite un max ( Bonnot)
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politique fiction il y a 6 ans 3 mois #9460

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Un petit texte de politique fiction pour le plaisir
Cet article est paru dans le numéro de mai 2011 du mensuel Technikart. On y trouve également un dossier très complet sur le "couple 3.0", un portrait sur le plus jeune candidat à la présidentielle 2012, Maxime Verner, et plein d'autres choses.

post-16-1318332901.jpg


Il est ici aussi, http://societe.fluctuat.net/blog/tag-politique-fiction.html

The DSK Psychotic Blues Tour -->(par Antoine Chainas)

(Posté par La rédaction de Flu le 09.06.11 à 11:14 |tags : politique-fiction, affaire dsk, élucubration )

L'affaire DSK ayant explosé en plein bouclage du dernier "Technikart", le magazine a demandé à Antoine Chainas, poids lourd des auteurs de polars français ("Anaisthésia", "Une histoire d'amour radioactive", "2030 : l'odyssée de la poisse"...) de se pencher sur l'histoire de la suite 2806 du Sofitel.

Avant de lire son texte, voici une petite mise en contexte de l'auteur, qui a expliqué à Fluctuat le sens de son étrange narration :


"L'origine ? En fait, plus que le fait divers, c'est sa médiatisation, son traitement qui m'intéressait. Dans toute cette affaire, DSK m'a paru irréel, presque fantomatique. Comme s'il ne s'agissait plus d'un être humain, mais déjà d'une icône. Et quand je lisais les journaux ou quand je regardais les flashs infos, j'avais l'impression que tout était réglé, qu'il se passait exactement ce qu'il devait se produire. Ça m'a rappelé le côté ultra-protocolaire des parcs d'attractions et ça faisait bizarrement écho à mes récentes lectures sur le tourisme catastrophe - qui avaient déjà nourries mon précédent roman (Une Histoire d'amour radioactive, Série Noire).

Aux US, des tours operators proposent des circuits sur les traces des faits divers hollywoodiens... Dans un autre genre, tu peux revivre la mort de Nancy au Chelsea Hotel. C'est tout ça qui m'a fait penser à Bruce Begout et George Saunders, deux auteurs qui ont écrit sur les parcs d'attraction et qui décrivent le quotidien de manière clinique, détaché. Parce que finalement, ce que je voulais mettre en scène, c'est la désincarnation progressive, très calme et très inquiétante à la fois, de notre monde moderne. Tout ce qui avait été prophétisé par Ballard dans ses nouvelles et dans Crash !"




Il scruta son visage dans le grand miroir à télévision intégrée de la salle de bains. Il avait 62 ans, les traits marqués, mais francs, les lèvres fines qui semblaient parapher d'une rature nette un menton volontaire, le hâle presque synthétique et la chevelure, cette chevelure d'argent coiffée en arrière, qui évoquait à la fois la sagesse et une certaine témérité. Quelle allure !

"Il rentra un peu le ventre sans que le résultat en fût modifié de manière significative. Peu importe."

Il recula un peu - la salle de bains était vaste, il pouvait se le permettre - et examina d'un oeil attentif sa silhouette massive, rabelaisienne. Il rentra un peu le ventre sans que le résultat en fût modifié de manière significative. Peu importe. Sa Rolex Oyster Perpetuel de location sonna et il vit qu'il était presque l'heure. S'il voulait être dans les temps, il fallait s'y mettre. Il se dirigea vers la baignoire et commença à faire couler l'eau.

Son vrai nom était Sambara. A l'heure actuelle, elle s'impatientait dans le taxi qui la menait à son lieu de travail. La Troisième Avenue était complètement embouteillée à partir de la 42e. Elle demanda au chauffeur s'il n'était pas plus judicieux de prendre un autre itinéraire : elle ne pouvait pas se permettre d'être en retard. Le conducteur haussa les épaules, fataliste, en la fixant de nouveau dans le rétroviseur. C'était la troisième fois qu'il la détaillait depuis qu'ils avaient quitté l'appartement du Bronx.

Agacée, elle détourna les yeux et regarda par la vitre, les trottoirs gris, plats comme du carton-pâte, les hommes en costume anthracite et attaché-case, le teint cireux, identique à celui de poupées ou d'automates, conversant tout seul dans leur main-libre, en route pour le New York Stock Exchange, les IGH dans lesquelles se reflétait la lumière irréelle des publicités sur écrans géants.

"Sambara savait parfaitement à quoi elle devait ressembler. Une pute."

Manhattan, portée par sa propre insularité, avait de plus en plus l'apparence d'un gigantesque parc à thèmes. Même l'air, gorgé de dioxyde de carbone et de microparticules diesel, semblait factice. Et elle ? Elle réprima un soupir. Elle savait parfaitement à quoi elle devait ressembler. Une pute. Enfin peut-être pas une pute mais, en tout cas, malgré l'uniforme impeccable siglé Accor, elle n'avait pas grand-chose d'une femme de ménage. C'était sa quinzième vacation depuis le début du mois et on lui avait dit que les réservations de la chambre 2806 étaient complètes pour le prochain trimestre. En ce sens, le Sofitel de la 44e Rue était à peu de chose près devenu une attraction comme une autre.

Dans la baignoire en marbre précieux italien de la chambre 2806, les yeux mi-clos, il savourait, perdu dans les volutes de vapeur, l'instant présent et tout ce qui allait suivre. Cette chambre coûtait 3 000 euros, sans compter la montre de location, les employés, le matériel... Bon, il était directeur du FMI, après tout. Cela supposait une certaine grandeur dans les moyens déployés. Il avait lu dans une brochure qu'une entreprise de tourisme extrême offrait, pour 10 000 euros, de se rendre à Vilnius dans la peau de Bertrand Cantat.

Avec 7 000 - et un bonus de 15 000 en comptant le véhicule, la carrosserie, le mécanicien -, on pouvait emprunter la Highway 46 au volant d'une fausse Porsche Spyder 550, comme James Dean juste avant l'intersection avec la Highway 41. En s'acquittant de 18 000, on pouvait incarner le maître de cérémonie d'une soirée somptueuse à Arcore et profiter jusqu'au bout de l'option intitulée "bunga bunga" ou bien se retrouver à Zurich, dans les pas de Polanski. Il était aussi possible, pourquoi pas, d'être John-John, mais c'était plus cher car il fallait louer l'hélicoptère.

Tous ces gens-là, à un niveau ou à un autre, avaient été en leur temps des champions de la simulation, des bâtisseurs de leur propre personnage et il y avait quelque chose de délectable à savoir que les événements de leur vie, pour plusieurs milliers d'euros, pouvaient être joués et rejoués, jusqu'à la nausée ou jusqu'à l'extase, dans une représentation à peine différente de la représentation originale. Il ferma les yeux et pensa à sa femme, à sa fille, à ses amis. L'homme le plus puissant de la Terre, et la minute suivante... Sensation de vertige. La tête qu'ils vont faire, je la vois d'ici.

Le taxi arrêta Sambara juste devant l'entrée de service de l'hôtel, quelques dizaines de mètres avant la marquise noire. Elle jaillit du véhicule - la course était déjà payée, bien entendu - et s'engouffra dans le Sofitel. Peu après, elle déboula dans le hall, passa devant les deux confrères qui la prendraient en charge quand elle ressortirait de la chambre, vit du coin de l'œil l'hotel manager qui se chargerait de téléphoner, contourna la femme qui prendrait l'ascenseur en compagnie de l'individu incriminé d'ici trente minutes. Elle aperçut aussi quelques clients normaux, du moins le supposa-t-elle, car il était de plus en plus difficile de distinguer les comédiens des spectateurs, les employés des usagers, les participants des ignorants, les coupables des innocents.

Elle avait entendu dire qu'on engageait parfois des figurants pour se mêler aux badauds, afin d'accentuer l'effet de sidération lors des séances publiques. La grande horloge murale indiquait qu'elle n'avait plus que cinq minutes, pourtant personne ne lui fit de réflexion : cela ne figurait pas dans le protocole. Elle prit l'ascenseur de service jusqu'à l'étage réservé aux suites.

Le directeur du FMI sortit de son bain nu comme un ver. Une heure avant, il avait gobé deux comprimés de VGR 50, fournis avec le kit complet de restauration de fonction érectile déficiente compris dans le forfait : il tenait vraiment à ce que tout se passe bien.

"L'employé chargé du room service lui certifia que la chambre était libre avant de s'éclipser."

Les pas de Sambara sur la moquette anglaise étaient étouffés, elle éprouvait une désagréable sensation d'impesanteur tandis qu'elle gagnait le fond du couloir. La porte de la suite 2806 était déjà ouverte et l'employé chargé du room service terminait de débarrasser. Très professionnel, il lui certifia que la chambre était libre avant de s'éclipser. Ensuite, elle fut seule. Comme les fois précédentes. Toutes les fois précédentes où les clients, grimés de manière plus ou moins convaincante en directeurs du FMI, attendaient, tapis derrière la porte de la salle de bains. Elle était payée à la vacation, on prélevait directement sur son salaire les cotisations sociales obligatoires. Elle aimait à penser qu'elle effectuait un véritable travail - quoiqu'un peu répétitif -, assez proche de celui d'actrice. Pas un travail de pute.

Le quinzième DSK de ce mois-ci sortit de la salle de bains. Il avait payé 12 000 euros pour la prestation complète qui comprenait la couverture médiatique, les réactions des proches et la première nuit à la prison de Rikers Island. Il n'irait pas plus loin car son budget était tout de même limité. Il bandait très fort.

Sambara écarquilla les yeux, ouvrit la bouche, l'air choqué. Elle était plutôt bonne pour mimer ce genre de réaction. Elle porta la main à son cœur dans un geste bien étudié.

Dehors, les autres femmes de ménage, le garçon d'étage, les clients, l'ensemble des acteurs, et puis, plus loin, les policiers, les journalistes, les spectateurs et encore une bonne partie du monde fantasmé, rémunérés eux aussi à la vacation, attendaient dans un silence recueilli que le drame se produise.

Antoine Chainas


Payer pour être dans la peau de DSK ....

ça rejoint un peu tout ces thèmes de SF ou on entre virtuellement dans la peau d'un autre mais ici ce n'est que de la politique fictioon, ça peut arriver réellement dans qqs années !
C'est un bon ce Chainais, je vais lire ses polars.

Ce qui a attiré mon attention en fait c'est que Chainais a fait référence à Ballard, un autre grand british de la SF ...-->
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politique fiction il y a 6 ans 3 mois #9461

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En fait je suis vraiment de l'ancienne école .....
D'un seul coup je me suis dit ... Google !
Et j'ai tapé " politique fiction en bd ....."

Trop fastoch, il ne reste plus qu' à y passer qqs heures !

Il y a même une BD sur le pays basque indépendant ..;
Après vérification la BD basque est plutôt une uchronie.

Voir ici;
http://vendeebd.free.fr/Forum/index.php?showtopic=1128
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