AUCLAIR Claude

  • Métier: Coloriste - Dessinateur - Scénariste

Biographie

Claude Auclair est né le 1er mai 1943 à La Barre-de-Monts. Après une enfance vendéenne, il déménage à Nantes lorsqu’il a 10 ans. Déménagement qu'il vit comme un déracinement. Il suit des études aux Beaux-Arts et devient, au milieu des années 1960, décorateur de théâtre. Lassé, il se lance dans l'illustration de science-fiction pour les revues des éditions OPTA (Galaxie-Bis ou Fiction).

Redécouvrant la bande dessinée, il étudie Jijé, Alex Raymond ou Harold Foster afin de trouver son style. Il publie une histoire dans Phénix en 1968. Jean Giraud repère son travail et lui propose de collaborer à Pilote. Il entre dans l'hebdomadaire en 1970 avec la série post-apocalyptique Jason Muller (dont les deux premiers épisodes sont écrits par Giraud puis Pierre Christin). En 1971, il crée dans Tintin, La Saga du Grizzly, western pro-indien, puis Les Naufragés d'Arroyoka (avec Greg). L'année suivante, Goscinny, refusant de publier la suite de Jason Muller, et la collaboration avec Greg ne s'étant pas avérée fructueuse, il livre à Record, Catriona Mac Killigan, traitant de la révolte des Écossais contre Londres (avec Jacques Acar). Il poursuit sa collaboration à Tintin, pour lequel il crée la formidable série post-apocalyptique écologiste Simon du Fleuve qui le fait connaître du grand public. Le tome 1, inspiré par Le chant du Monde, de Giono, ne paraît jamais en album. Les héritiers interdisent sa publication en accusant l'auteur de plagiat. Il réalise ensuite cinq nouvelles histoires de Simon du Fleuve avant qu'un différend avec les éditions Le Lombard arrête la série en 1978. Le tome 5 est la dernière bande dessinée qu'il scénarise lui-même.

 
Il entre alors, dès le premier numéro, dans l'équipe d’(A SUIVRE), où il s'intéresse tout d'abord au monde celte en créant l’incontournable Bran Ruz (1978-1981, avec Alain Deschamps) et Tuan Mac Cairill (1982, avec Deschamps) puis à l'esclavagisme dans le Sang du flamboyant (1984, avec François Migeat). En 1988, il entame une collaboration avec Alain Riondet, réalisant en deux ans quatre nouveaux épisodes de Simon du Fleuve. En 1989, il publie dans (A SUIVRE) avec le même scénariste Celui-là
dont il laisse le second volume inachevé à sa mort prématurée, le 20 janvier 1990, à Beauvoir-sur-Mer. Afin que l’album puisse être proposé au public, Jacques Tardi et Jean-Claude Mézières l'achèvent dans un dernier hommage posthume.

Claude Auclair est le « chantre des minorités ». Il base son travail sur la démonstration du « mal que fond les cultures dominantes ». Réalisateur d'un des premiers westerns pro-indien en bande dessinée, il met en scène en 1973, dans Catriona Mac Killiga, la Révolte des Écossais contre les Anglais. Il dénonce ensuite ce qu'il perçoit comme l'oppression des Celtes dans Bran Ruz, en 1978, en conférant à l'histoire une portée universelle. Il s'est également intéressé à l'esclavagisme dans Le Sang du flamboyant. Sa mise en scène d'un monde obsédé par le progrès est évidente dans ses œuvres de science-fiction. Elle a pour corollaire un écologisme marqué, la nature jouant pour lui un rôle fondamental et protecteur dans la construction de l'individu.

 
Nostalgique de l'ordre pré-industriel, Auclair attache une grande importance aux éléments naturels et leur confère un lourd rôle symbolique. Cette prédilection pour les mondes disparus, utopiques, ressort chez Auclair d'une vision humaniste du monde. Il met en scène une humanité survivant dans un monde ayant régressé technologiquement, où les villes sont abandonnées. Simon du Fleuve entérine complètement. l'engagement d'Auclair en faveur d'une société nouvelle. La caractéristique de cette série est son aspect pédagogique marqué. Reprenant les clichés du post-apocalyptique (« malfaisance de la science, folie humaine, régression de la civilisation »), il décrit une utopie dont les aspects idéalistes (vie dans les champs, sans héros ni régime politique, exaltation de l'« individu moyen ») sont tempérés par un certain réalisme : Simon utilise la violence, et est gêné par son impossibilité d'appartenir à une nouvelle société qui se veut sans distinction. Cette volonté sincère d'apporter une réponse au problème de la violence et des rapports humains  reste handicapée par l'ancrage très fort de l'auteur dans l'idéologie des années 1970. A cet égard Simon du Fleuve reste typique des courants de pensée de ces années.

 

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